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AIDEZ-NOUS À PROTÉGER LA ZONE HUMIDE DE LA BASSÉE

Recours juridique

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FNE Ile-de-France lance une campagne de financement participatif pour soutenir ses actions en justice contre le projet destructeur de l’écosystème précieux de la zone humide de La Bassée, en Seine-et-Marne. L’objectif est d’atteindre les 5000€, équivalent à une partie du coût des recours contentieux déjà engagés.

Cagnotte disponible ici.

En ces temps d’urgence climatique, un projet inabouti

Le projet du « casier pilote » de La Bassée, dans le département de la Seine et Marne (77), consiste en la création d’un réservoir endigué de 372 hectares sur d’anciennes gravières, dans les communes de Chatenay-sur-Seine, Egligny, Balloy et Gravon, en aval d’une des plus remarquables Zones Humides de l’Ile de France. Ce premier casier, d’une capacité de 10 millions de m3 d'eau, est destiné à renforcer la protection de Paris et l’Île-de-France face au risque naturel d’inondations.

Réduire la vulnérabilité des franciliens est indispensable, tant la menace d’une crue centennale du type de celle de 1910 est considérable. Mais ce projet, qui date des années 90, ne prend pas suffisamment en compte les évolutions en matière de restauration du bon fonctionnement des hydrosystèmes ainsi que les enjeux cruciaux du dérèglement climatique, avec la baisse à venir des étiages, liée aux épisodes de sécheresses prévisibles.

En 2015, le Conservatoire Botanique National du Bassin Parisien ainsi que le Muséum National d’Histoire Naturelle ont conjointement réalisé une étude sur cette plaine et l’ont classé comme étant l’un des territoires les plus riches d’Île-de-France en matière de biodiversité. Elle héberge 200 espèces d’oiseaux, 600 espèces de plantes, dont 80 espèces classées dans la « liste rouge » de l’Union Internationale de Conservation de la Nature y ont été observées ainsi que 8 espèces protégées sur tout le territoire de France métropolitaine (dont la Vigne sauvage Vitis vinifera ssp sylvestris). 

Une réponse du passé qui anticipe insuffisamment l’avenir ?

Le projet de « casier pilote » est évalué à 125 millions d'euros, soit un sixième du montant de l’aménagement global, avec dix casiers construits d’ici 2030 par l’EPTB Seine Grands Lacs. Ils permettraient de stocker durant quelques jours 55 millions de m3 d'eau afin d’éviter la concomitance des crues de la Seine et de l’Yonne. En première approche, le casier pilote parait une solution d’hydraulique plus douce que les immenses réservoirs construits dans le passé. Or, même si des efforts de valorisation écologique sont proposés, ce projet reste une solution artificielle introduite dans une région encore naturelle et remarquable par ses capacités, son potentiel d’expansion naturelle des crues, en dépit de la profonde altération liée à la présence du canal à grand gabarit depuis 1970 dans sa partie aval.

La position de FNE Seine-et-Marne et de FNE Île-de-France est de proposer une « solution qui rétablisse et favorise l’expansion latérale des crues », permettant à la plaine alluviale de la Bassée de jouer pleinement son rôle régulateur des grandes crues / « excès » et déficits en eau / étiages insuffisants dans cette région du bassin versant de la Seine. Le principe même de focaliser le projet de 10 casiers dans un but de ne gérer qu’un excès d’eau en cas de crue exceptionnelle exclut à priori toute possibilité de prendre en compte les capacités régulatrices de la Bassée. Ce projet est donc décalé par rapport aux nouveaux enjeux du dérèglement climatique.

Après avoir participé activement à l'enquête publique et alerté durant plusieurs années sur l’inadéquation du projet d’infrastructure à l’endroit projeté, FNE Ile-de-France et FNE Seine-et-Marne se sont résolus à attaquer devant le juge administratif l’autorisation environnementale et la déclaration d’utilité publique du projet. Les deux recours sont actuellement en cours d’instruction et portent notamment sur l’insuffisance de l’étude d’impact et l’atteinte aux espèces protégées.

Privilégier les « Solutions Fondées sur la Nature »

Pour que la zone humide de La Bassée, qui s’étend sur 25 000 hectares, joue pleinement son rôle de « régulateur de la ressource en eau » au service de l’Ile de France, il faut privilégier la recherche d’une solution fondée sur la nature telle que la préconise l’UICN2. Cette solution existe et a été analysée en 2015 par l’entreprise d’ingénierie Egis3. Sa capacité de stockage serait plus grande avec 80 millions de m3. Elle permettrait la restauration de la Seine tout en générant des économies, en renforçant la biodiversité et la « réconciliation des riverains / habitants avec leur fleuve ». Cette solution a été écartée sans discussion technique réelle, ni débat avec les associations locales. Pourtant, l’étude de cette solution naturelle est en accord avec les recommandations du CSRPN (Conseil scientifique Régional du Patrimoine Naturel d’Ile de France) et du CNPN (Conseil National de la Protection de la Nature).

Les associations de défense de l'environnement, regroupées au sein de France Nature Environnement Seine et Marne et Ile de France demandent que le projet de casier pilote soit abandonné. Bernard Bruneau demande l’approfondissement de la solution favorisant l’expansion latérale des crues : « l’étude d’une solution alternative permettant la restauration du bon fonctionnement de la zone humide de La Bassée est tout à fait concurrente de celui des 10 casiers. Sa faisabilité est démontrée. Nous demandons donc des études complémentaires à la fois techniques et économiques. C’est ce message que nous porterons lors de l’enquête publique »

FNE Ile-de-France lance une campagne de financement participatif pour soutenir ses actions en justice contre ce projet destructeur de l’écosystème précieux de la zone humide de La Bassée. L’objectif est d’atteindre les 5000€, équivalent à une partie du coût des recours contentieux déjà engagés.

Contacts presse

Bernard Bruneau, président de FNE-Seine et Marne : 06 28 80 17 12
Françoise Behar, chargée de mission eau, à FNE-IDF : 06 01 14 63 90
Luc Blanchard, membre du bureau de FNE-IDF : 06 63 07 25 87

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