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QUEL BILAN POUR VALÉRIE PÉCRESSE ?

Élections régionales 2021

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À l’occasion des élections régionales, FNE Ile-de-France propose un bilan du mandat de Valérie Pécresse sur le plan de la préservation de l’environnement. En 2015, Mme Pécresse n’avait proposé que peu de choses pour rendre la région Ile-de-France plus écologique et son fonctionnement plus durable. Malgré quelques avancées qu’il convient de saluer, notre fédération déplore des objectifs trop peu ambitieux et loin d’être tous atteints, ainsi qu’une dégradation de la situation notamment sur le plan de la santé, une poursuite soutenue de l’artificialisation des sols et la multiplication de projets inutiles et coûteux sur le plan environnemental.

I°/ Des ambitions affichées mais insuffisantes

A) Des promesses rares et insuffisamment remplies

Le conseil régional a de nombreuses compétences lui permettant d’être un acteur majeur de la transition* :
• Sur le transport, il reviendrait à la Région de « développer massivement l’offre de transport ferroviaire, de rendre plus accessible les transports durables, d’arrêter de subventionner le secteur aérien ».
• Sur le plan de l’agriculture, la Région dispose de leviers importants pour transformer le modèle agricole et alimentaire : elle est chargée de la restauration collective de l’administration et des lycées, ainsi que de la distribution d’une partie des aides de la PAC.
• Elle a un rôle de planification et d’aménagement du territoire avec le SDRIF et le PRAD (plan régional de l’agriculture durable), qui pourrait permettre d’atteindre effectivement le « zéro artificialisation nette ».
• Sur l’efficacité énergétique, il lui revient d’accompagner les particuliers et les professionnels dans l’accès aux informations, de soutenir la rénovation via le fléchage des subventions et des investissements, et de donner des objectifs de réduction de consommation d’énergie et de rénovation.
• Sur le développement des énergies renouvelables, la Région peut « accompagner l’émergence de projets dans les territoires, en particulier ceux portés par des acteurs locaux et citoyens, en apportant une aide technique mais aussi un soutien financier. Le patrimoine immobilier que possède la Région peut également être mis à profit pour installer des projets de renouvelables ».
• Sur les déchets, la « Région peut directement influencer les changements de pratiques par le biais de financements à des projets de prévention et réduction des déchets et se montrer exemplaire dans la gestion des lycées et de l’administration ».
• Enfin, sur le front de la reconversion des emplois, la Région a un rôle majeur à jouer dans la mesure où elle est en charge de définir et d’octroyer les aides aux entreprises, ainsi que d’organiser la formation professionnelle.

Dès lors, la Région est un échelon central dans la conversion du territoire vers un fonctionnement plus durable. Peu de ces leviers ont été ciblés par la candidate Valérie Pécresse en 2015, et ils ont durant le mandat été insuffisamment exploités. Ainsi, dans le programme de la candidate Libres ! en 2015, peu de propositions permettaient d’aller dans le sens de la transition écologique. Le tableau ci-dessous récapitule néanmoins les promesses de la candidate en 2015, et indique l’état de leur accomplissement.

Thématique

Promesse

Réalisation

Accomplissement

Logement

création de 100 nouveaux quartiers basse consommation avec 80 000 nouveaux logements

création de 58 quartiers écologiques, soit moitié moins que prévu en 2015

50%

Transports

mise en circulation de 1000 nouveaux bus et une taxe sur les poids lourds en transit ; 10 000 places de parking aux portes de la capitale

900 bus et 8000 places de parking supplémentaires,

la taxe sur les poids lourds n’a jamais vu le jour

85%

Santé

installation d’assainisseurs d’air dans les tunnels des transports en commun (métro, RER) 

Fait

100%

Énergie

développement de la géothermie et de la méthanisation des déchets verts

construction de 50 méthaniseurs

200 000 équivalent logement chauffés par géothermie (500000 franciliens)

60%

Agriculture

favoriser la consommation des produits locaux et bio dans les cantines

Développer les surfaces agricoles en Bio pour répondre à la forte demande des consommateurs franciliens.

Augmentation de la part des aliments produits en Ile de France dans les cantines des collèges et des lycées

50%

Biodiversité

création de deux parcs naturels en Ile-de-France (Brie des Deux Morins et Bocage Gâtinais)

Un seul parc sur les deux est effectivement en cours de création (Brie des Deux Morins)

50%

Si ces propositions sont à saluer, elles sont loin d’avoir été toutes remplies. Surtout, elles ne suffisaient pas, à l’orée du mandat de Mme Pécresse, à aller dans le sens d’une véritable transition écologique en Ile-de-France.

B) De réelles avancées mais à confirmer et financer dans la durée

Outre la réalisation d’une partie des promesses de campagne, on peut saluer un certain nombre d’avancées sur le plan de la transition écologique. Or, ces avancées restent bien en dessous des enjeux, dans chacune des thématiques étudiées. Le tableau ici les présente et indique leur impact sur l’environnement.

 

Thématique

Réalisation

Impact

Logement

création de 58 quartiers écologiques

Rythme de rénovation du bâti très insuffisant en Ile-de-France pour atteindre les objectifs climatiques

Transports

900 lignes de bus renforcées (augmentation du trafic) ; 8000 places de parking supplémentaires aux portes de Paris, renforcement de l’accessibilité des gares

Ces maigres avancées cachent mal la dégradation des transports en commun et l’augmentation de la fréquentation (RER B et D notamment)

Santé

installation d’assainisseurs d’air dans les tunnels des transports en commun (métro, RER) ainsi que dans les écoles, les crèches les lycées ; signature d’une charte contre les perturbateurs endocriniens en Ile-de-France ; prises de position contre l’augmentation du trafic aérien

L’augmentation régulière de pathologies liées à la pollution de l’air montre la nécessité d’aller beaucoup plus loin, et de s’attaquer notamment aux pollutions liées au chauffage au bois. La présence des perturbateurs endocriniens n’a pas diminué, ni les nuisances aériennes – hormis en 2020 et 2021 avec la crise covid.

Énergie

construction de 50 méthaniseurs ; création d’une filière hydrogène et doublement du parc solaire ; prime pour la conversion de leur véhicule électrique en véhicule thermique

Le recours à la méthanisation devrait être fait sous conditions, notamment pour prévenir le changement de destination des cultures.

Agriculture

Augmentation de la part des aliments produits en Ile de France dans les cantines des collèges et des lycées ; augmentation des aides aux agriculteurs bio (+55%) ; adoption d’un plan pour une alimentation durable, locale et solidaire

Avec près de 30 000 ha en Bio, la région est très mal classée dans l’hexagone.

Biodiversité

Un parc naturel supplémentaire en cours de création (Brie des Deux Morins) ; adoption d’un « Plan Vert » pour encourager la création de 500 ha supplémentaires d’espaces verts ; mise en place en 2018 d’un budget participatif orienté vers l’environnement - jusqu’à 500 millions d’euros sur 5 ans ; identification de 500 ha de friches à valoriser

25% de la population francilienne est à plus de 15 min à pied d’un espace vert 

Par ailleurs, une nouvelle stratégie économique régionale a été adoptée en Septembre 2020 afin d’engager la transformation vers une « Économie circulaire ». Cette stratégie s’étale sur 10 ans (2020-2030), et ambitionne de limiter les importations, de limiter le gaspillage, financer des entreprises ayant un projet durable, et créer des bassins d’emploi durables qui limiterait les migrations pendulaires.

 

II°/ Des maillons faibles: modernisation des RER, lutte contre l’artificialisation des sols et contre la densification urbaine

Ces quelques avancées, à saluer, sont contrebalancées par la dégradation de la situation dans plusieurs secteurs.
Ainsi sur le plan du transport, la Région devrait arrêter le financement des projets de ligne 17 et 18 du métro et plutôt financer la rénovation des lignes déjà existantes notamment de RER, pour éviter les coupures dans le réseau RER (exemple : L’arrêt du RER D à Juvisy). Ainsi la modernisation des lignes déjà existantes devrait être engagée au lieu de financer des projets couteux et inutiles comme le CDC Express.
Sur le plan de l’usage des sols, si le rythme d’artificialisation a ralenti, il reste bien trop élevé (500 ha par an) dans une région déjà trop artificialisée, et surtout bien loin de l’objectif de zéro artificialisation nette. Notamment, la conversion des terres agricoles en Grande couronne pour des entrepôts logistiques, data center ou centres commerciaux se poursuit. Les zones du Val Bréon ou encore du Triangle de Gonesse en sont les témoins.

 

Au total, des avancées dans le bon sens mais insuffisantes quantitativement alors que la région capitale héberge 20 % de la population française et produit 30 % de sa richesse. Les efforts à venir doivent mieux couvrir les demandes de bien-être des franciliens. Les départs de franciliens vers d’autres régions montrent bien que notre région ne les satisfait pas, notamment ceux ayant plusieurs enfants.

*Les compétences de la Région en matière de transition écologique sont reprises de la note du Réseau Action Climat "Ma Région en action".

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